Résumé : Un atterrissage réussi en simulateur de vol repose d’abord sur une approche bien préparée, une énergie maîtrisée et une trajectoire stable. En B737-800NG, les corrections doivent rester précises et anticipées, du briefing jusqu’au maintien de l’axe après le toucher. L’objectif n’est pas un contact parfaitement doux, mais une arrivée contrôlée et reproductible.
Pourquoi l’atterrissage paraît-il souvent plus difficile que le décollage ou le vol de croisière ? Parce qu’il faut gérer en même temps la vitesse, la descente, l’axe de piste, la configuration et les repères visuels. Dans un simulateur de vol, vous pouvez justement prendre le temps de comprendre chaque étape et de progresser sans conséquence réelle. Pour mieux vous préparer, retrouvez aussi nos conseils pour réussir l’atterrissage d’un avion de ligne.
Ces conseils concernent l’entraînement sur notre cockpit reproduisant un B737-800NG, et non une procédure opérationnelle à appliquer dans un avion réel. Pendant la séance, vous êtes accompagné par un instructeur placé dans la tour de contrôle, qui vous aide à comprendre la situation et à corriger vos erreurs. Un atterrissage manqué n’a aucune conséquence : si le timing le permet, vous pourrez toujours remettre les gaz et tenter un nouvel essai.
Avant la finale, préparez le terrain
1. Préparez votre approche avant de descendre
Un bon atterrissage commence bien avant l’apparition de la piste. Prenez le temps de connaître l’aéroport choisi, la piste en service, le sens de l’approche et le type de trajectoire prévu. En simulateur, demandez à l’instructeur de vous expliquer le plan de vol, les caps principaux et le moment où vous devrez commencer la descente.
Le briefing sert à réduire la charge mentale lorsque l’action commence. Identifiez les étapes importantes : interception de l’axe, capture du faisceau de descente si vous réalisez une approche ILS, sortie des volets, train sorti, stabilisation et remise des gaz éventuelle. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre méthode pour préparer son vol avec un briefing.
2. Gérez votre énergie assez tôt
L’énergie d’un avion correspond principalement à sa vitesse et à son altitude. Un B737-800NG trop haut ou trop rapide en début de finale demandera davantage de corrections, parfois au mauvais moment. À l’inverse, une approche trop lente ou trop basse peut vous obliger à augmenter la puissance et à modifier la trajectoire alors que vous devriez déjà vous concentrer sur l’alignement.
Anticipez donc la réduction de vitesse et la configuration. Évitez de multiplier les actions dans les dernières secondes. Une bonne question à vous poser est la suivante : l’avion arrive-t-il déjà dans un état qui lui permet de poursuivre calmement jusqu’au seuil ? Si la réponse est non, corrigez tôt ou préparez une remise des gaz.
Stabilisez l’avion avant de chercher la perfection
3. Faites de la stabilité votre priorité
Une approche stabilisée signifie que la vitesse, le taux de descente, la trajectoire verticale, l’axe et la configuration restent cohérents. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada rappelle que les approches non stabilisées peuvent favoriser des sorties de piste, des contacts avec la queue ou des pertes de contrôle. Des travaux internationaux menés en 2013, cités dans ce rapport du BST, estimaient que 3,5 à 4 % des approches étaient non stabilisées et que 97 % d’entre elles étaient poursuivies jusqu’à l’atterrissage.
En séance, ne cherchez pas à sauver une approche qui se dégrade. Si vous êtes trop haut, trop rapide, désaxé ou encore en pleine configuration à basse hauteur, dites-le clairement et remettez les gaz. Dans un simulateur de vol, cette décision est un excellent exercice de pilotage et de jugement.
4. Visez une vitesse cohérente, pas un chiffre magique
La vitesse d’approche dépend de la masse, de la configuration et des paramètres retenus pour le vol. Il n’existe donc pas une vitesse universelle à appliquer à toutes les séances. Utilisez la vitesse cible indiquée pour votre scénario et demandez à l’instructeur de vous expliquer la marge acceptable.
Regardez la tendance plutôt que de réagir à chaque variation. Si la vitesse augmente progressivement, réduisez l’énergie avec anticipation. Si elle diminue, évitez de tirer brusquement sur le manche : ajustez la puissance, surveillez le taux de descente et conservez une trajectoire stable. La précision vient de petites corrections espacées, pas d’actions rapides et répétées.
Construisez une trajectoire lisible jusqu’au seuil
5. Configurez le Boeing 737 sans précipitation
La configuration d’atterrissage comprend notamment les volets, le train et les réglages nécessaires à la finale. Chaque modification change la traînée, la vitesse et parfois l’assiette de l’avion. Dans le B737-800NG, configurez progressivement et vérifiez que l’avion répond comme prévu avant d’ajouter une nouvelle action.
Ne sortez pas les volets uniquement parce que la piste est déjà visible. La bonne question est plutôt : l’avion est-il suffisamment ralenti et correctement placé pour accepter cette configuration ? Si vous devez encore rattraper un écart important d’altitude ou d’axe, concentrez-vous d’abord sur la trajectoire et laissez l’instructeur vous guider.
6. Utilisez l’ILS comme une aide, pas comme un pilote automatique mental
Sur une approche ILS, le localizer vous aide à suivre l’axe latéral de la piste et le glide slope vous indique la pente de descente. Les deux indications se lisent comme des tendances. Si le symbole s’écarte légèrement, corrigez progressivement au lieu de faire une grande manœuvre qui provoquerait un écart opposé.
Une fois établi sur le faisceau, gardez une attitude calme. Surveillez la vitesse, le taux de descente, la puissance et la position de la piste dans le pare-brise. Les instruments vous donnent une référence, mais ils ne remplacent pas la capacité à regarder dehors et à comprendre où se trouve réellement l’avion.
Réussissez le toucher, puis gardez le contrôle
7. Faites un arrondi mesuré
L’arrondi, ou flare, est la transition entre la descente et le contact avec la piste. Il ne s’agit pas de tirer fortement sur le manche pour obtenir un toucher très doux. Regardez la perspective de la piste, laissez l’avion se rapprocher du seuil et accompagnez progressivement le mouvement en réduisant le taux de descente.
Le bon repère est un avion qui arrive dans la zone de toucher avec une assiette maîtrisée et une vitesse cohérente. Un contact légèrement ferme mais contrôlé vaut mieux qu’un arrondi trop long qui ferait flotter l’avion au-dessus de la piste. Votre priorité reste la trajectoire, la zone de toucher et la maîtrise de l’énergie.
8. Maintenez l’axe après le toucher des roues
L’atterrissage ne s’arrête pas lorsque le train principal touche la piste. Gardez le regard loin devant, sur l’axe central, et continuez à utiliser les commandes avec douceur. Le palonnier aide à maintenir la direction, tandis que les corrections latérales doivent rester mesurées.
Évitez de relâcher toute votre attention dès le premier contact. Le vent de travers, une arrivée légèrement désaxée ou une vitesse encore élevée peuvent vous éloigner de l’axe. Une étude du BEA sur les remises des gaz rappelle que cette phase peut rester exigeante, y compris en simulateur, et que les difficultés concernent aussi des pilotes expérimentés.
Transformez chaque tentative en progrès
9. Considérez la remise des gaz comme une réussite
Une remise des gaz n’est pas un échec. C’est une procédure normale lorsque l’approche n’est plus stable ou lorsque la situation ne correspond pas au plan prévu. Sur le 737, le déclenchement de la séquence TO/GA doit être expliqué par l’instructeur pendant la séance, car son utilisation s’intègre dans une logique précise de puissance, d’assiette et de trajectoire.
Si vous êtes trop rapide, trop haut, mal aligné ou encore en configuration incomplète, ne vous obstinez pas pour sauver le toucher. Annoncez votre décision, appliquez les indications données par l’instructeur et observez comment l’avion reprend une trajectoire maîtrisée. La documentation de Transports Canada sur le 737 montre d’ailleurs la place de la remise des gaz et de l’entraînement sur simulateur dans l’évaluation des compétences.
10. Analysez votre atterrissage immédiatement
Après le vol, ne vous contentez pas de retenir la sensation du toucher. Reprenez les dernières minutes dans l’ordre : étiez-vous stabilisé assez tôt, la vitesse était-elle régulière, la configuration était-elle terminée, les corrections étaient-elles petites, et l’avion est-il resté aligné après le contact ? Cette analyse vous donnera un axe de progression concret pour la prochaine tentative.
Chez nous, le débriefing permet de revenir sur les décisions prises pendant la séance. Lorsque la formule le prévoit, la trajectoire et la vidéo peuvent aussi aider à comparer ce que vous pensiez faire avec ce que l’avion a réellement suivi. Pour découvrir d’autres exercices, consultez les manœuvres à tester en simulateur de vol.
Mettez ces conseils en pratique en simulateur
Lire une méthode aide à comprendre les principes, mais la progression devient concrète lorsque vous pouvez régler votre vitesse, suivre une approche ILS, observer la piste et corriger votre trajectoire avec un instructeur à vos côtés.
Dans notre centre de simulation aéronautique situé à l’aéroport de Pontoise, en Île-de-France, vous prenez les commandes d’un cockpit reproduisant un B737-800NG sur plateforme dynamique. La séance comprend un briefing, un accompagnement par un pilote instructeur et un débriefing personnalisé. Pour vous entraîner dans un cadre immersif, réservez votre session de pilotage avec instructeur.
Questions fréquemment posées
Faut-il déjà savoir piloter pour réussir un atterrissage en simulateur ?
Non, aucune connaissance préalable en aviation n’est nécessaire pour une séance de découverte. Le briefing et l’accompagnement de l’instructeur permettent de comprendre les commandes, les instruments et les principales étapes de l’approche.
Vaut-il mieux viser un toucher très doux ?
Pas forcément. Un toucher contrôlé dans la bonne zone, avec une vitesse et un axe maîtrisés, est plus important qu’un contact extrêmement doux obtenu au prix d’un long flottement.
Que faire si l’approche devient instable ?
Il faut remettre les gaz plutôt que multiplier les corrections dans la précipitation. En simulateur, cette décision est sans conséquence et constitue un excellent exercice pour apprendre à reconnaître les limites d’une approche.
Peut-on s’entraîner à l’approche ILS sur le simulateur ?
Oui, l’approche ILS peut faire partie du scénario choisi avec l’instructeur. Vous pouvez ainsi travailler l’interception du localizer, le suivi du glide slope, la stabilisation et la transition vers le pilotage visuel.
Peut-on revoir son atterrissage après la séance ?
Selon la formule choisie, la séance peut inclure un enregistrement vidéo et une restitution de la trajectoire. Le débriefing permet surtout de comprendre les écarts et de transformer chaque tentative en progrès concret.


