Résumé : Un avion vole parce que ses ailes, en avançant dans l’air, produisent une portance qui compense son poids. En vol stabilisé, portance et poids s’équilibrent, tout comme poussée et traînée. Si les moteurs cessent de fournir leur poussée, l’avion ne s’arrête pas dans le ciel : il peut continuer à avancer en planant, tout en perdant de l’altitude.
Comment une machine aussi massive qu’un avion de ligne peut-elle quitter le sol et y rester ? Ses moteurs la propulsent vers l’avant, mais ce sont principalement ses ailes qui créent la force nécessaire pour s’opposer à son poids. Pour visualiser certains de ces principes dans un cockpit reproduisant un avion de ligne, consultez Pourquoi un avion vole.
Comprendre pourquoi les avions volent aide aussi à répondre à une inquiétude fréquente : si un moteur s’arrête, l’appareil ne tombe pas automatiquement comme une pierre. La portance dépend surtout du mouvement de l’air autour des ailes. Tant que l’avion avance, elle continue d’agir, même si la trajectoire et l’altitude évoluent.
Comment l’aile crée-t-elle la portance ?
À chaque seconde de vol, l’aile rencontre un flux d’air. Son profil aérodynamique, sa surface et son angle par rapport à l’air contribuent à dévier une partie de ce flux vers le bas et à créer une répartition de pression différente autour de l’aile. La réaction de l’air et ces différences de pression produisent ensemble une force appelée portance, orientée principalement vers le haut en vol normal.
La forme de l’aile compte, mais elle ne suffit pas à expliquer le vol à elle seule. La vitesse de l’avion, la densité de l’air et l’angle d’attaque, c’est-à-dire l’angle entre l’aile et l’air qui arrive sur elle, influencent aussi la portance. Il ne faut pas imaginer que l’air passant au-dessus de l’aile doit retrouver celui qui passe dessous au même instant. Cette explication populaire ne décrit pas correctement le mécanisme.
Au décollage, les moteurs accélèrent l’avion pour que les ailes reçoivent suffisamment d’air. Les volets modifient alors la forme de l’aile pour augmenter sa capacité à produire de la portance à basse vitesse. En croisière, la vitesse et l’angle de l’appareil sont ajustés pour maintenir un vol stable. Pour mieux comprendre le rôle de la vitesse dans ce mécanisme, lisez aussi La vitesse d’un avion de ligne.
Quelles sont les quatre forces qui agissent sur l’avion ?
Imaginez un avion qui avance en ligne droite à altitude constante. Quatre forces agissent sur lui, même si elles ne sont pas visibles depuis la cabine. En vol rectiligne stabilisé, leurs équilibres permettent à l’appareil de conserver sa vitesse et son altitude.
- La portance est produite principalement par les ailes et s’oppose au poids.
- Le poids vient de la gravité, qui attire l’avion vers la Terre.
- La poussée est générée par les moteurs et propulse l’appareil vers l’avant.
- La traînée est la résistance de l’air qui freine son mouvement.
En vol horizontal et stable, la portance compense le poids, tandis que la poussée compense la traînée. Si le pilote demande une accélération, une montée ou un virage, cet équilibre change temporairement. Le mouvement de l’avion résulte alors de la direction et de l’intensité des forces, et pas seulement d’une poussée verticale exercée par les moteurs.
Les instruments du cockpit indiquent notamment des paramètres utiles au suivi du vol. Pour découvrir à quoi servent ces indications, consultez Les instruments du cockpit d’un avion de ligne.
Comment un avion de plusieurs centaines de tonnes tient-il en l’air ?
La gravité n’épargne pas les avions lourds : leur poids les attire vers le sol comme celui de tout autre objet. La différence, c’est qu’un avion de ligne possède de grandes ailes qui agissent sur un vaste flux d’air. À mesure que l’appareil avance, la portance se répartit sur cette surface et peut équilibrer le poids total de la structure, du carburant, des passagers et des bagages.
Pour les plus gros appareils, la masse au décollage peut atteindre plusieurs centaines de tonnes. Ils ne s’élèvent pas parce que le poids disparaît, mais parce que la conception des ailes et la vitesse permettent de produire la portance nécessaire. Si la vitesse diminue trop ou si l’angle d’attaque devient excessif, l’écoulement de l’air peut se dégrader et la portance baisser fortement : c’est une situation que les pilotes apprennent à reconnaître et à gérer.
Cette grande surface d’aile explique aussi pourquoi un avion ne réagit pas comme une pierre lâchée dans le vide. Dans l’air, son mouvement en avant permet aux ailes de continuer à agir sur l’écoulement. Le moteur fournit de la poussée, mais ce n’est pas lui qui porte directement tout le poids de l’appareil.
Que se passe-t-il en cas de panne moteur ?
Si un moteur cesse de fonctionner, la poussée disponible diminue, mais l’avion conserve sa vitesse et son mouvement. Ses ailes continuent donc à produire de la portance. Sur un avion de ligne multimoteur, l’équipage applique les procédures prévues et évalue la trajectoire, la situation et les options d’atterrissage ; la perte d’un moteur ne signifie pas que l’appareil s’arrête instantanément dans le ciel.
Si tous les moteurs cessent de fournir de la poussée, l’avion ne peut pas conserver indéfiniment la même altitude. Il peut cependant continuer à avancer en perdant progressivement de l’altitude : c’est le vol plané. L’énergie de son mouvement et son altitude lui permettent de parcourir une certaine distance pendant que l’équipage pilote l’appareil et prépare la suite. Il ne plane donc pas sans limite, mais il ne tombe pas non plus verticalement comme une pierre.
Une étude technique publiée par la NASA en 2017 a utilisé un simulateur haute fidélité pour étudier la contribution des pilotes à la sécurité pendant des opérations normales et des défaillances de systèmes. Elle porte sur un scénario et un contexte précis, mais illustre le rôle de la préparation et de la gestion des situations anormales par l’équipage. L’étude NASA et FAA.
Comprendre le vol peut-il aider à apaiser la peur ?
Pour une personne anxieuse, savoir que les moteurs propulsent l’avion tandis que les ailes créent la portance peut rendre les sensations moins mystérieuses. Cela n’efface pas automatiquement la peur, mais donne des repères concrets pour comprendre le décollage, les turbulences ou les changements d’altitude. En France, le rapport de la DGAC sur la sécurité aérienne en 2024 dénombre trois accidents ayant entraîné des décès de passagers dans les services réguliers mondiaux opérés par des appareils de plus de 2,25 tonnes. Le rapport de sécurité de la DGAC précise ainsi le périmètre de cette donnée.
Un autre repère, publié par l’IATA en mars 2026 à partir des données de 2025, situe le taux mondial d’accidents à 1,32 par million de vols, soit un accident pour 759 646 vols. Il s’agit du taux global d’accidents retenu par ce rapport, pas d’une mesure du risque de panne moteur en particulier. Le rapport de sécurité de l’IATA.
Si les explications techniques ne suffisent pas, un accompagnement qui associe théorie et pratique peut aider à poser ses questions et à découvrir les sensations dans un cadre encadré. À Pontoise, notre centre de simulation propose notamment un stage contre la peur de l’avion, réalisé en partenariat avec le Centre de Traitement de la Peur de l’Avion.
À retenir sur le vol des avions
Le vol d’un avion repose sur le mouvement de l’air autour de ses ailes et sur l’équilibre des quatre forces : portance, poids, poussée et traînée. Même sans poussée, un appareil qui avance conserve momentanément de la portance et peut planer en perdant de l’altitude. Comprendre ce fonctionnement aide à distinguer une situation normale de vol d’une panne moteur.
Mieux comprendre la peur de l’avion
La peur s’accompagne souvent de questions très concrètes : que se passe-t-il pendant une turbulence, comment l’avion continue-t-il d’avancer et que fait l’équipage face à une difficulté ? Comprendre les principes du vol permet de mettre des mots sur ces phénomènes, sans promettre de faire disparaître l’anxiété. Une approche progressive donne aussi l’occasion de formuler ses questions et de choisir un accompagnement adapté.
À Pontoise, dans le Val-d’Oise, nous proposons un accompagnement associant théorie et pratique en simulateur, en partenariat avec le Centre de Traitement de la Peur de l’Avion. Le simulateur reproduit un cockpit et des sensations, mais il ne s’agit pas d’un avion ni d’un vol réel. Pour connaître le cadre de cet accompagnement, consultez notre accompagnement contre la peur de l’avion.
Questions fréquemment posées
Est-ce seulement la forme courbée de l’aile qui crée la portance ?
Non. Le profil de l’aile compte, mais la vitesse, l’angle d’attaque et la densité de l’air interviennent aussi. La portance résulte de l’écoulement de l’air et des forces exercées autour de l’aile.
Les moteurs soulèvent-ils directement l’avion ?
Non, les moteurs fournissent la poussée qui fait avancer l’appareil. Ce sont principalement les ailes qui produisent la portance nécessaire pour s’opposer au poids.
Un avion tombe-t-il immédiatement si un moteur s’arrête ?
Non. Il conserve son mouvement et ses ailes continuent à produire de la portance. L’équipage applique les procédures prévues et gère la trajectoire en fonction de la situation.
Un avion peut-il planer si tous ses moteurs cessent de fonctionner ?
Oui, il peut continuer à avancer en perdant de l’altitude. Il ne peut pas maintenir indéfiniment son niveau de vol sans poussée, mais il ne tombe pas verticalement comme une pierre.
Comment mieux vivre sa peur de l’avion ?
Commencer par comprendre les sensations et les principes du vol peut donner des repères utiles. Nous proposons aussi un accompagnement associant théorie et pratique en simulateur, en partenariat avec le Centre de Traitement de la Peur de l’Avion.


